je parlais ya quelques mois du concert d'osceola à baltimore et d'un groupe que j'avais bien aimé et ben voilà une vidéo :
merci à raslacouette, dul et les ceusses de hors*sujet pour me l'avoir fait découvrir !
Arrivée au yucatan, région maya, dans une belle petite ville aux rues étroites - presque toutes à sens unique, sans noms, seulement numérotées, pair vertical et impair horizontal. Maisons colorées ici encore, basses, rarement avec étage. Des places ou il fait bon s'arrêter a l'ombre. L'hostal est un peu loin de la gare routière, mais un mexicain très sympa s'en occupe la nuit. On est allé boire un café ensemble et on a essayé de dénicher un maillot des jaguars de tuxla gutierrez - l'équipe du chiapas. Introuvable: En plus ils ont même pas le maillot de mérida. Par contre les équipes européennes pas de problème... complètement con, non ?
Près de mérida se trouve l'un des sites les plus connus du mexique, les mystérieuses ruines maya de chichen-itza... un des sites les plus touristiques du mexique donc pas mal de monde, et le gros problème c'est que tu peux pas grimper sur les pyramides depuis qu'une casse-couille s'est cassée la gueule ya 2-3 ans (et oui elle est morte). Alors tout est balisé et ca gâche un peu le plaisir...
Le soir j'ai maté les images de france-irlande sur le net. Moi ca me fait franchement chier - on est nul et on triche...
Une des ruines les plus célèbres du mexique se trouve ici, dans l'est du chiapas - c'est le but du bus et ce que je pensais être mon point de chute pour quelques jours. J'ai changé d'avis vu le prix du lit en dortoir et la nullité de la ville.
Le temps est lourd et humide et le ciel bleu se couvrira dans l'après-midi avant d'éclater dans la soirée, au moment où je poserai mon pied hors du collectivo - merci tlaloc...
Quant aux ruines, elles sont magiques, mais j'en ai un peu marre de parler de ruines, c'est super difficile de les décrire et les individualiser...
8h du soir, seul dans le resto-bar - trop tôt pour les locaux. La serveuse arrive en enfilant son pull, on a un peu de mal mais on se comprend, pas de menu alors elle fait venir la cuisinière qui m'explique les 3 plats possibles. Assis sur ma chaise en plastique, écrivant sur une table idem mais recouverte d'un tissu noir à bandes colorées, j'entends une musique dance techno qui vient de l'autre côté du rideau, de l'autre côté des planches de bois qui font office de parois - juste à côté de moi. En face un grand autel, style panneau pub 4 par 3, blanc et doré et pailleté, des figurines pieuses s'ennuient au milieu des poupées, des fleurs blanches et des bougies.
Je suis a ocosingo ce qui signifie en nahualt "Lugar del señor negro". Je suis arrivé à midi en bus suivant de petites routes sinueuses, croisant la police par 2 fois sur des lieux d'accidents. Je reste là cette nuit, au cœur du chiapas, et demain je vais a palenque.
Pourquoi ocosingo ? paske personne s'y arrête et pour voir les ruines de toninà. Pour y accéder j'ai pris un collectivo, sorte de camionnette qui fait office de bus et part dès qu'il y a assez de passagers. On a longé une énorme zone militaire et on a passé des villages, écriteaux à l'entrée indiquant qu'on était en territoire zapatiste.
Les ruines maya sont au sommet d'une colline et offrent une vue fantastique à 360 degrés sur la vallée entière. Comme partout, le terrain du jeu de balle et à ses côtés l'autel sacrificiel. Les ruines ne sont pas totalement révélées, loin de là, et c'est un rare plaisir de pouvoir s`y promener sans être confronté à tous ces panneaux interdit/danger et clôtures et cordon de sécurité qui encombrent et défigurent tant de monuments, surtout en occident - hygiénisme à la con.
Je suis au sommet, j'entends les chiens et les oiseaux, les coqs et les balles, les ruines sont quasi-vide, à part moi, ils sont juste 3. Si je ferme les yeux et fais 3 pas, avant arrière droite gauche, c'est le vide et la chute. Grandiose.
Comme je l'ai annonce ici et la mais pas ici je rentre en france dans quelques jours - mon avion arrive le 23 novembre. J'ai pratiquement plus aucun numero de telephone et aucune adresse donc si tu veux que je te contacte envoie moi un mail sur mon adresse yahoo.fr !
biz in real life ?
oaxaca
Jolie ville aux couleurs claires, avec des parcs et des places accueillants ou les habitants se rencontrent, trainent et discutent. Les maisons même un peu délabrées offrent un visage colore et réjoui. Je connaissais oaxaca de nom sans arriver a savoir pourquoi jusqu'a ce qu'au détour d'une conservation la lumière revienne : la révolte de oaxaca.
Pour reprendre les mots de mon pote jaime, les présidents du mexique, c'est des connards. Bienvenu chez moi j'ai rétorqué. A ce propos il m'avait raconte qu'il yavait une quinzaine d'années le mexique avait des trains qui traversaient les magnifiques paysages du nord du pays. Maintenant ca n'existe plus. Le train n'existe plus. Tout ca paske un connard de président a décidé de privatiser les chemins de fer et que des putains de société de merde étasuniennes et canadiennes ont arrêté le transport des passagers pour s'occuper que du fret. Question de pognon. Bande de cons.
Fin de l'aparté, retour a oaxaca (superbe allitération paske ca se prononce (a peu près) oaRaca - tu vois t'apprends en poésie ici...)
Oaxaca est aussi le nom de l'état, un état constitue de jolies villes, ruines magnifiques, artisanat local, villages indigènes et d'une cote magnifique parsemée de plages superbes. Quand je suis arrive j'ai tout de suite pense que j'avais passe trop de temps au DF - qui m'avait bien plu au début, un peu moins a la fin. Pourtant je suis reste que 2-3 jours je sais pas trop pourquoi, mais je crois que j'étais pas super a l'aise a l'hostal...
Toutes les chambres sont autour du patio central a ciel ouvert ou les gens se rassemblent tous, la grande fraternité internationale des backpackers. J'aime pas trop les groupes, les fratries, notamment ici ca a un cote un peu artificiel - on se rencontre des 4 coins de la terre (occidentale riche capitaliste) on se parle anglais on boit des bières on fume des oinjs on s'échange des adresses et des expériences et ca quelque soit le pays. Quelles différences avec les cars de japonais ou les groupes d'allemands en short chaussettes sandales ? C'est toujours des tours organises, circuits un peu différents pour faire semblant. Mais ca tourne en vase clos, toujours les mêmes têtes, le local est pas la que dans le décor ou en fond sonore - pas vraiment d'interaction...
Donc je suis reste a oaxaca juste le temps d'aller a monte alban - ruines magnifiques et pourtant déjà le souvenir a disparu... il m'a fallu une journée pour m'en souvenir, c'est le blanc, le néant, rien. Et ca m'est revenu tout un coup, tout, le bus qui serpente a flanc de montagne, une grimpée que je ferai jamais a pied, rien que d'y penser ca me file une suée. Un site superbe, vivant avec des arbres, des petits bancs en bois un peu a l'écart, on peut grimper sur les ruines faire le tour et parfois passer dessous. On pourrait y faire des pique-niques sympas. Un peu le contraire de teotihuacan ou les pancartes te décrivent très exactement ce que tu as sous les yeux, a grand renfort de chiffres et dimensions, sans aucune explication culturelle et/ou historique.
Je pensais aller voir autre chose près de oaxaca, les villages alentour, les spécialistes de poterie noire, mezcal, mais j'ai précipité mon départ vers san cristobal de las casas, au chiapas. Je pensais repasser pour prendre l'avion de mexico mais finalement je pars de cancun. De toute manière ya tellement de choses a voir au mexique...
Mexico city - el DF comme ils disent ici, prononce el defe pour district fédéral. Le centre est bouillant d'activité dans la journée mais mort la nuit, ya que dalle et certains coins sont même déconseillés. Pourtant c'était le soir que je préférais pour me balader, justement a cause de ce cote down tempo, plus oblige de serpenter et foncer avec et entre les gens sur les mini-trottoirs.
Ville immense que j'ai a peine parcourue, sans unité a proprement parler mais beaucoup de quartiers différents. Coyoacan par exemple, plus tranquille que le centre, un poil moins commercial, un poil plus bohème, beaucoup de cafés, de petits restos et 2 maisons musées. La maison bleue, résidence de frida kahlo et diego riviera, les 2 plus célèbres artistes du mexique. Jy suis pas allé paske je suis pas super fan de leurs tableaux... mais je suis allé dans la 2e maison, celle de lev davidovitch bronstein. Des fresques sont peintes sur le mur extérieur qui donne sur une avenue, de l'autre cote, vu de la petite rue, ca ressemble a une forteresse. L'intérieur de la maison est conserve comme du vivant de trotsky. Le plus intéressant dans la baraque c'est la bibliothèque - des bouquins dans toutes les pièces, en russe, anglais, espagnol et un gros paquet en français aussi, dont une collection complète d'un mensuel dont j'ai oublie le nom et que je connaissais pas, genre le temps ou le mois ou un truc comme ca, axe sur l'international. Faudra un jour que je m'intéresse a la révolution russe, c'est une grosse lacune...
Un soir a l'hostal j'ai rencontre jaime, un mexicain qui habite dans le sud du DF. Il a habite paris, berlin, san francisco entre autres, et parle espagnol français anglais et allemand - on a donc discute dans 3 de ces langues, en changeant toutes les 15mn. Il est guide spécialiste du sud du mexique et m'a donne des conseils et idées pour la suite de mon voyage. J'ai aussi rencontre christian, un jeune allemand sympa (oui, ca existe, quand ils jouent pas au foot ils sont sympas les allemands) avec qui je suis allé a teotihuacan - ruines d'une époque lointaine, encore mystérieuse, qui a précédé les mayas et les aztèques et dont on ne sait pas grand-chose... des traces de feu ont été retrouvées sur le site donc on suppose que ce sont les habitants qui ont foutu le feu - guerre civile ?
Le site est magnifique mais trop net, trop propre, la pelouse est impeccablement tondue, les sentiers bien dessines, tout est dégagé et la foret a disparu. Impressionnant mais un peu mort, comme ces tombes impeccables dans les vitrines des musées...
C'est la fête des morts - des spectacles a tous les coins de rue. 2 jours avant, sur le zocalo, une danse macabre - 2 immenses squelettes. Ils sont portes par 2 hommes grâce a une armature métallique, comme un énorme exosquelette de près de 4 mètres. Les jambes sont collées aux jambes, la tête des hommes au niveau du bassin et 2 tiges dans les mains leurs permettent de faire bouger les bras. Le cage thoracique et le crane sont soutenus par la structure de métal. Un cercle de près d'une centaine de personnes s'était forme autour d'eux, mais ils n'ont pas pu jouer longtemps, la police est intervenue sous les lazzi et les insultes du public et les ont force a quitter les lieux... ce qu'elle a fait, suivi d'une bonne vingtaine de spectateurs tenaces, pour s'installer dans une ruelle piétonne a 10 mn de la. Sacrée expérience que de remonter la rue a la suite de 2 squelettes géants zig-zaguant entre les arbres et les enseignes, sous les regards réjouis des commerçants et les rires des enfants, sous les coups de klaxons et les interpellations joyeuses. Tout le groupe s'est installe dans la ruelle, car les squelettes ne dansaient pas dans le vide mais accompagnaient la musique d'un petit groupe de muzicos déguisés eux aussi en squelettes. Un vrai plaisir de près d'une demie heure - et j'ai fait un break pour aller me prendre una quesadilla de pollo avant de rentrer a l'hôtel un sourire sur le coin de la gueule.
Lundi 2 novembre, jour des morts - el dia de los muertos. Ce jour-la tous les mexicains se rendent au cimetière pour entretenir les tombes des ancêtres, discuter l'bout gras avec des bouts d'os, manger et boire et s'amuser. Moi pas. Je pionçais dans mon lit. La veille j'étais retourne manger une quesadilla de poulet au même petit resto - même endroit même repas mais cette fois c'est pas passe. J'ai passe toute la nuit a me vider et a gerber pour finir vide a 5h du mat et trouver un peu de sommeil - court, debout 8h30, dans un hostal pas de grasse mat. Alors toute la journée ventre vide et douloureux, jsuis reste au lit et suis sorti que pour acheter des médocs. J'ai rien pu bouffer du tout bien sur, mais le lendemain, plus rien.
Viva el dia de los muertos y las quesadillas de pollo !
mexico
Le bus a traversé la moitié du pays pour arriver sous la pluie à mexico city. Bus tout confort mais avec une putain de plaie : les dvd. Tu peux pas y échapper, t'as le son en stéréo juste au-dessus de la tête, un écran toujours dans ton champs de vision et le regard y retourne à tout bout de champs, c'est normal, ca bouge, c'est plein de couleurs, ca hypnotise et t'y peux rien... le chauffeur enfile les films les uns après les autres, que des films ricains et que des films de merde que je connaissais même pas heureux bon sauvage, petit florilège : hotel for dogs (déjection canine), snake on plane (mais quels sont ces serpents qui sifflent sous mon siège ???), roxy hunter : the secret of the shaman (envoûtant de mièvrerie), nim's island (ben qu'elle y reste), etc... bon ya quand même eu casino royale mais j'aime pas l'acteur, le patient anglais mais c'est long et chiant. Bizarrement la moitié des films sont pour gamins, peut-Être pour que n'arrive pas la mésaventure de snake on plane quand le pauvre chauffeur a été obligé d'accélérer le dvd paske yavait une scène où un couple faisait l'amour dans les chiottes de l'avion et la femme était à moitié nue... accélérez ce sein que je ne saurais regarder...
Arrivé à mexico une fille m'a aidé dans le tromé à trouver mon chemin à dérouiller un peu mon espingouin. J'ai débarqué direct sur le zócalo, la grande place centrale, mon hostel se trouvant juste derrière la cathédrale (plus près de toi mon dieu...) et à côté du templo mayor - enfin les restes paskil avait été enseveli sous les constructions successives et on a retrouvé une partie au début du XXe siècle seulement. Tiens au fait tu savais qu'à l'époque des conquistadors toute la vallée de mexico n'était qu'un immense lac, les maisons et les temples communiquant par pont et passerelles ? moi pas...

Le zócalo était blindé de monde - normal, je débarquais pile poil pendant un weekend festif, le lundi étant el dia de los muertos (le jour des morts quoi!). De nombreux vendeurs déposaient leur marchandise à même le sol, sur de longues pièces de tissus - bijoux, vêtements, figurines en rapport avec la fête (squelettes), chaussures... des groupes d'indiens faisaient des représentations de danses rituelles pendant que leurs prêtre/shamans (les papas comme les nomme bernal díaz del castillo) soignaient les gens qui faisaient la queue ou éloignaient les mauvais esprits à grand renfort d'encens de fumées et de plantes style fougères - en tout cas c'est comme ca que je l'ai compris...
Installé là aussi, à l'ombre de la cathédrale, sous des tentes de fortunes, un campement d'indiens du chiapas réclamant justice pour le massacre d'altea en 1997, demandant la libération d'une trentaine de familles en prison pour qu'elles retrouve en liberté une vingtaine d'autres libérées il y a 1 ans. C'est ce que j'ai compris et j'avoue que c'est pas clair... en consultant le net, j'apprends que le massacre a été perpétré par un milice militaire non-identifiée, donc j'ai du mal à capter qui est en prison et pourquoi... faudra que je fasse des recherches.
Le weekend fini, tous les vendeurs seront partis, le campement sera toujours présent.
Nouveau pays, nouveau titre et on commence en muzik :
phoenix
On trouve des choses étranges dans le désert. Dans certains pays ce sont des cratères causés par des météorites ou de fascinantes constructions rocheuses, dans d'autres des temples oubliés où sommeille le passé. Ici c'est une ville. Une ville qui n'est pas dans le monde réel, une vie factice où on entend seulement des échos d'autres mondes apportés par le vent. Tout est axé sur l'assouvissement de la soif de pouvoir du nain verdâtre - $$. La culture en est absente ou parodiée - inutile de chercher une librairie ou même un magasin de musique. Bulle de bruit, des nouveaux bandits manchots dans les casinos, des femmes qui dansent sur le comptoir des bars, des cris et rires alcoolisés - de la joie victorieuse. La défaite est rapidement reléguée hors-cadre.
Las vegas c'est le strip mais personne n'habite le strip. Donc personne n'habite las vegas. Ce n'est même pas vraiment un espace physique. C'est un espace d'assouvissement des rêves, d'asservissement sans trêve. Et quels rêves ? Todo està aqui...
Et pourtant et pourtant, cette ville fascine - né sous les néons, rebel of the neon god, à jamais.
Et pourtant et pourtant, ya des gens sympas - comme toi et moi, même s'ils bossent dans le spectacle et se font un paquet de blé pour certains, ca reste des gamins. Magicien, le rêve réalisé, mais qui reste assujetti à la publicité... tu passes à la télé, tu doubles tes entrées, sinon il te reste l'oubli sous les sables du désert...
Je serais totalement incapable d'y vivre, d'abord paske t'as besoin de flouze, j'ai eu pour près de 500$ de places gratos, ensuite paske je saurais pas quoi y faire et enfin paske les gens qui s'y pressent, c'est pas moi...
Phoenix non plus. Et encore je suis arrivé soleil levant. Il étalait ses confitures couleurs - abricots, rose, fraises, mûres sur la tartine du ciel. C'était le matin et j'avais faim. 6h du mat, à peine dormi.
Phoenix est une ville de merde - point barre. Super étendue pour pas grand-chose, plate comme une planche à pain, centre vide. Pas de cinéma, librairie ou supermarché. Juste ca et là des cafés ou des sandwicheries fastfood, et quelques bâtiments administratifs, comme la bibliothèque où se réfugient les sdf à l'ouverture. Voilà, c'est tout. Basta.
las vegas - 2/2
Le lendemain, mon dernier jour, on est allé avec penny et ses amis du monde du spectacle (johnathan, etc...) dans un parc pique-niquer, discuter, jouer au beach volley sous le soleil - on était tous des branques la consigne c'était renvoies la balle dans l'autre camp, essayes surtout pas de faire de passes ca marche pas... bref on s'est bien marrés. Les ombres s'allongeaient quand on a décidé de passer à l'entrepôt de johnathan. C'est un grand fan de films d'horreur, gore, et à chaque halloween il organise une grande fête là, il prépare des mois à l'avance et cette année il avait décidé de transformer tout un étage de l'entrepôt en maison hantée, décorant tout par lui-même dans les moindres détails - murs, salles, attractions, etc... Il m'a fait visiter comme testeur et faut reconnaitre que c'est vachement bien foutu, les 2 salles symétrique séparées par un faux miroir, la femme qui sort de la télé, entre autres. Bien sûr je n'ai pas eu peur, et d'autant moins que j'étais avec 2 gamines de 14 ans et que je pouvais pas montrer la peur que j'avais pas...
Enfin, départ pour phoenix en bus de nuit, départ depuis un minimart isolé (sorte d'épicerie à la 7/11), surplombant les banlieues de vegas, les lumières de la vallée, loin, plus bas. Le magasin était encore à moitié vide, il venait d'être racheté 4 jours auparavant par 2 américains d'origine irakienne. On a discuté sur le pas de la porte, les regards plongeant vers la ville et fumant une clope. Le plus vieux des 2 avait fuit en autriche la 1er guerre du golfe et il avait réussi à reconstruire sa vie là, avec sa femme et ses filles, dans un bon boulot qui payait bien. Puis il a fait la plus grosse connerie de sa vie selon lui, il est parti aux états-unis rejoindre ses parents, il y a 13 ans maintenant. Et il n'est plus rien et il déteste les states, pour ce qu'ils font à son pays natal - mais il est coincé ici, peut-être pour la vie...
Dans le minimart, une jolie jeune femme aux longs cheveux bruns est assise au milieu de ses bagages, sa petite fille derrière le comptoir absorbée par son lecteur dvd portable.
J'ai déjà oublié le nom de cette femme, mais pas son histoire improbable. Appelons-la lisa.
Lisa a 25 ans. Elle attend le bus pour retourner à chicago chez ses parents qui lui ont payé le billet. Sa famille est originaire du mexique, des gangsters elle me dit, mais elle est pas sûr que ce soit sa vraie famille, elle est persuadée d'avoir été adoptée. Et c'est clair qu'elle a pas du tout le type latino, en plus elle a jamais réussi à maitriser l'espagnol que lui faisaient apprendre ses parents. Elle se croit plutôt arménienne ou roumaine, ce qui serait possible.
Elle a 25 ans et quitte précipitamment las vegas. Elle avait suivi son fiancé pour l'épouser, le père de sa fille, le seul homme de sa vie - elle l'a connu à 13 ans. Elle a tout quitté, tout claqué, coupé les ponts en traversant les states - went west. Une fois dans la ville paillettes, elle a compris que le futur mari battait sa fille - et elle est partie. Retour à la case départ.
Le bus arrive et on se sépare. Je l'aide à porter ses bagages, lui dit au revoir et repart m'asseoir dans le minimart. Je pense à tout ca, regarde autour de moi et là, sur le comptoir, 2 billets pour chicago... le bus plein est prêt à partir, je me précipite, y grimpe et redescend.
Bonne chance lisa.
Au revoir las vegas.
las vegas - 1/2
Je suis arrivé à las vegas sans trop savoir à quoi m'attendre, j'avais jamais pensé à y passer, j'avais une image plutôt négative - une ville flashy, clinquante au milieu du désert, une catastrophe écologique à elle toute seule puisqu'elle ne peut pas assumer seule ses besoins en eau, quitte à assécher le reste de l'état ; une ville de nuit, de néons, casinos et shows.
Le bus m'a déposé à la nuit tombée au pied du stratosphere hotel, le sommet de la ville, au nord du strip. Pour schématiser, LV c'est une avenue et un désert, basta. Toute la vie nocturne se passe sur le strip où se concentrent 95% des hôtels, casinos, théâtre et attractions - le reste c'est les graviers au pied des montagnes du nevada.
Mon sac à l'épaule j'ai commencé à arpenter le strip en direction du sud, vers le harmon theater où je devais assister au spectacle de the amazing johnathan. Sa principale assistante, qui intervient dans le show sous le pseudo de Psychic Tanya, m'avait mis sur la guest list et c'est elle qui allait m'héberger pendant quelques jours - c'est la sœur d'une amie d'une amie...
Le spectacle était excellent et j'ai ris tout du long, un mélange de magie et d'humour, de tours ratés et de pétages de plomb, avec forte participation du public :
Après le show on est allé bouffer des sushis ensemble, johnathan, penny alias psychic tanya, erika l'assistante sexy, arian une autre magicienne, et moi, puis on s'est séparé pour aller chez penny dans son bled à 20mn en caisse et 3h avec tes arpions - je le sais je l'ai fait le soleil tombait sur les montagnes le ciel était nimbé ouest est bleu et rose. Penny a une grande baraque avec 5 chats, une dizaine de lapins totally free dans le jardin et une grande mare avec des dizaines de poissons mourant dedans.
Les jours suivants ont suivi à peu près le même schéma, matinée glandage, aprèm promenade et soir spectacle. J'ai ainsi assisté au blue man group - j'avais vu leur affiches un peu partout au cours de ma tournée US sans avoir aucune idée de la teneur de leur show. Et jme suis pris une claque. Très axé rock avec beaucoup de percussions, des sketches humoristiques, des performances physiques, bref c'est très varié :
En bon chevalier blanc et fier résident de kaamelott, j'ai aussi assisté à Tournaments Of Kings, à l´hôtel Excalibur...
Dans une immense salle, une arène de la taille d'un terrain de basket. Les spectateurs sont placés tout autour dans les gradins et un repas nous est offert, sans couverts, t'y vas cash avec les doigts - ambiance médiévale sûrement. Faudrait juste leur dire qu'à cette époque yavait pas non plus d'assiettes, hein mon co-pain ?
Les gradins sont divisés en pays, france, espagne, hongrie, russie, etc... moi c'est le dragon - je sais c'est pas un pays, c'est le méchant vilain pas beau tout en noir, celui qui est tué à la fin par le fils du roi qui venge ainsi son père et se montre digne de la couronne. Super le scénar, du pur godard...
En gros chaque pays a un chevalier, et tous s'affrontent dans des épreuves physiques (course de cheval, lancer de lance, tournoi et combat...) pour déterminer le meilleur, avec des chansons. Sympa mais sans plus, l'histoire façon vegas, ca plairait a toutpy 1er...
Dernier show le weekend du départ, peep show, avec holly madison. Elle est célèbre mais me demandez pas qui c'est, moi j'en sais rien, on m'a dit blabla playboy 3 fois blabla série télé. Ok. Je la connais pas mais elle est sympa, elle m'a fait rentrer gratos avec des super places, plein centre juste derrière les vip. J'ai laissé mon appareil photo à l'entrée, le show peut commencer.
Beaucoup de muzik et de danses autour des 2 stars : holly qui joue l'ingénue qui cherche un homme (oui je sais c'est pipeau, ca doit être le même scénariste que tournaments of fions), et la chanteuse-narratrice qui fait les transitions entre les scènes, audrey o'day (alors elle aussi parait qu'elle est célèbre, mais encore une fois me demandez pas pourquoi...), qui se charge de lui trouver un homme (et oui lectrice chérie pas de panique, elle le trouvera - suspendu à un drap...). Autour d'elles, 8 danseuses, chacune avec un nom, une personnalité différente et chacune star d'une saynète, entourée d'une vingtaine d'autres filles. Bien sûr, toutes les danses c'est striptease et topless - haut de gamme. Alors ca danse, ca chante, ca se déshabille pendant une heure et demie, ca passe assez vite, faut dire que c'est assez réussi dans le style divertissant pas prise de tête (en même temps j'attendais pas un show sur les dissensions bakounine-marx lors de la première internationale) - c'est des pros les filles (et les mecs) et ya 2-3 saynètes qui sont vraiment de bonnes idées, notamment la dernière : l´homme suspendu à un drap au-dessus d'une baignoire fait tout un numéro d'acrobate et la suite du peux deviner...
los angeles
Pas dans le centre de LA mais anyway eske LA a un centre ? Ah, la vie est dure philosophie...
La aussi j´ai été accueilli par des amis de la famille pas vus depuis une quinzaine d´années, a Manhattan Beach, dans le sud-ouest de la ville - quartier ou mini-ville colle a la ville, résidentiel et balnéaire, pour riches, seulement.
Je connaissais strictement rien de LA, des noms en échos, hollywood, beverly hills, south central, watts, compton, venice beach, la ville de bukowski, etc... mais aucune image. Ville gigantesque - ville tentaculaire des poèmes de verhaeren, aux transports en commun déficients. Ville magique qui éblouit jusqu'à la cécité les cerveaux disponibles - hollywood. Qui ne m´a jamais fait rêver, ou alors j´ai oublié, pour moi c´est calibrage et formatage, recettes usées juska la corde, histoires décomposées et réalisateur zombie - avec exceptions bien sûr mais le tout-venant c´est tout-à l´égout. Et les quartiers ultra-chicos me font plutôt gerber, quand le mauvais goût explose sans limites - beverly hills. Mais ca reste intéressant à voir, ce qui fait rêver les gens, ce qui fait marcher les medias, marchés pour la télé. Endroits où je voudrais jamais habiter et ca risque pas d´arriver - coup de bol, et où se ruent les hordes de touristes, encombrant les trottoirs étoilés et ruminant des empreintes de mains - ruminant sur le vide et l´absent. Intéressant, intéressant ce royaume du faux, ou des gens déguisés se font prendre en photo moyennant quelques $$, hulk ou michael jackson...
Du nord au sud, des beaux quartiers aux ghettos, je suis allé à south LA - autrefois appelé south central, nom changé pour cause de mauvaise réputation. Watts, tu connais ? émeutes en 1965 et plus proche en 1992 - because rodney king, ce qui a inspire cette chanson à ice-t, qui fut immédiatement bannie des ondes et retirée du cd :
Quartier un peu bizarre, sans vraiment de magasins, sans vraiment rien, quartier large au ras du sol, plutôt pavillonnaire, pas d´immeubles - pour être honnête, jme suis pas trop aventuré hors des grandes rues pour parcourir les ruelles alors tout ca reste sujet à caution.
J´ai vu les watts tower. Tu connais ? moi pas. C´est pourtant au cœur du quartier - une collection de sculptures assez folles, un truc comme ca au milieu de nulle part, ca me plait... maintenant ces tours sont enfermées derrière un clôture blanche, c´est la merde tu vois que le top et entre les barreaux, la visite est le weekend only et sur réservation et coûte près de 7$ par personne, autant dire les gens du quartier l´ont profond, ils peuvent pas la voir et doivent payer cash pour ca...
J´ai débarqué en plein photoshoot sur fond de tours, une jeune nana black tatouée, ultra-maquillée et habillée assez sexy shootée par un photographe avec l´aide d´un keum tenant le parapluie à flash - je suppose qu´il ya un nom pour ca mais moi je le connais pas. Quand je suis repassé quelques heures plus tard ils étaient toujours là. En me promenant j´ai croisé pas mal de gamins rentrant de l´école ou jouant dans le rue, et aussi pas mal de mecs en jean et t-shirt bandana bleu - crips territory.
En total j´ai passé près d´une semaine à manhattan beach à me reposer, me balader sur la plage et le net, mater le sport à la télé, foot us et champion´s league.
Ya quand même un truc qui m´a botté à LA c´est venice beach, lieu de rendez-vous de tous les hippies, routards, adorateurs du soleil et de la ganja. C´est aussi là que se trouve la fameuse muscle beach, salle de muscu en extérieur, entre la plage et la promenade, où des gonflés huileux ahanent en cœur - que des keums que j´ai vus pas de bol. La promenade est virtuellement blindée côté ville par une coalition de magasins de fringues, de surfs, d´ustensiles à ganja, de bars, de restos, de piercings & tatouages, et du côté plage de stands de t-shirts, bracelets & bijoux fantaisie, tatouages au henné, peinture, et tout un bric-à-brac d´art divers et d´objets hétéroclites.
Un vélo zigzague entre les passants, un grand black criant sa réclame "marijuana! bon pour la santé et légale !" et s´arrêtant net pour pas rentrer dans un gamin continue sans reprendre son souffle "...et si vous n´avez pas 18 ans ne m´écoutez pas ! ne faites pas attention à moi !"
san francisco
SF. Ville étrange. Ville de légende, de fleurs et de musique, mais aussi une des villes aux loyers les plus élevés du pays et pleine de sdf, routards, drug dealers et junkies. Je suis descendu dans le youth hostel situe en plein coeur de la ville, quartier glauque ou les restos ferment a 20h, même les vietnamiens ou les chinois - me suis fait avoir plusieurs fois... la nuit tombée les rues sont aux crackheads, dealers divers et clodos, on t'accoste pour la thune et on te parles de 3/4 en chuchotant pour te proposer de la dope. C'est la aussi qu'il y a des bars et pas trop loin d'autres restos moins craignos et des hôtels bien plus huppes.
Le 1er jour j'ai pris mes pieds a 2 mains et je suis allé au nord de la ville j'ai traverse et me suis perdu dans chinatown pour finalement déboucher a north end, quartier rendu célèbre dans les années 50 grace a la beat generation. C'est la que se trouve la city lights book, la librairie de ferlinghetti poète et éditeur sans peur - procès dans la gueule pour sa 1er publication, le génial howl de ginsberg .
De l'autre cote du carrefour, coince entre des boites de striptease ou bars topless (je vois pas bien la différence) se trouve le jack kerouac museum - intéressant pour ceux qui connaissent pas bien, pour les autres passez votre chemin, ya rien de très nouveau essentiellement des bouquins, des photos, des objets et résumés succincts. J'ai ensuite pousse juska la mer, pas trop loin, sans la voir au départ que des quais et finalement un bout de plage en sandwich entre les officines de croisière et les magasins pour touristes, t-shirt i love SF en vitrine...
Le lendemain, direct to the haight, Haight Ashbury, l'un des plus célèbres quartiers des USA - quand on vous montre des images des sixties a SF c'est toujours le haight. Grateful dead, janis joplin, jefferson airplane, hunter thompson et tant d'autres en ont fait leur base. Tout ca a change maintenant, les maisons sont toujours les mêmes mais restaurées colorées et magnifiques et super chères adieu la bohème américaine... La très longue haight avenue est cernée de boutiques de djeuns fashion, fringues alternativo-gothico-rock, skate and surf, cafés et tatoo parlors partout. Rêve vert. Reste les gens, routards clochards ou bohémiens, jeunes ou vieux, qui s'y échouent toujours, année après année, jour après jour, assis devant les magasins ou dans le parc, demandant de la thune ou proposant de la dope, a jeun, a moitie jeté ou carrément inconscient comme cet homme allonge sur le trottoir, entoure d'infirmiers, un masque a oxygène sur le visage... les gens s'attroupent et je m'éloigne sans connaitre la fin de l'histoire. Mes pas m'ont porte vers les librairies, les magasins de cd et une librairie anarchistes ou j'ai acheté un super t-shirt. En arrivant a l'immense parc, au bout du haight, le temps s'est gate le vent s'est levé le fog aussi et une fine pluie et j'ai rebrousse chemin...
Dans le youth hostel de SF j'ai rencontre des gens sympas, et d'autres un peu zarbs. Parmi ceux-la il y avait christopher, apparemment la cinquantaine, qui travaillait dans l'informatique. Il n'avait pas besoin de bureau et avait donc déménagé de LA pour habiter dans les 3 auberges de jeunesses de SF. Comme la durée du séjour est limitée a 2 semaines, il fait le tour et doit encore y être maintenant... Dans la 1er catégorie, yavait brett, jeune américain qui sortait de quelques mois a bosser dans une croisière dans le golfe du mexique, il jouait de la guitare et chantait pour distraire les passagers. Julian aussi, allemand élevé a berlin, avec qui je me suis balade dans la ville. On est allé a The Mission, le quartier plutôt latino, et Castro le quartier gay et on a découvert entre les 2 une ruelle magnifique, entièrement recouverte d'un bout a l'autre de fresques murales - Clarion Street. On est aussi allé au SFMOMA (San Francisco Museum Of Modern Art), ce qui m'intéressait surtout c'était les photos, et j'ai pas été déçu. J'ai découvert Shomei Tomatsu, et je suis reste scotche un moment en face du portrait de la femme (j'en ai parle sur hors-sujet, les photos sont la). Quant au reste, a tous les etages c'est pareil, c'est chronologique, ca commence bien et fini chiant, jy peux rien le contemporain, ca craint...
Jai passe une petite journée a me balader a Nihonmachi aussi, le quartier japonais, avec son lot de magasins et restos japonais authentiques, pas touristiques, ou ca parle la langue du pays. Des panneaux historiques sont colles aux façades de certains bâtiments, retraçant l'histoire des immigrants japonais, leurs difficultés a s'intégrer et leur combat contre le gouvernement étasunien - rappelons qu'en 1942 tous les japonais sur le sol us ont été place dans des camps de concentration...
Mon dernier weekend s'est déroulé a Berkeley - tu connais l'univ, non ? - ou j'ai revu des amis de la famille, visages presque oublies - c'était il y a 20 ans. Les souvenirs ca grandit, ca se marie, ca fait des nenfants, rien a change tout a change - la vie qui roule.
portland
Je n'avais pas vraiment pense passer a Portland juska ce que des amis d'amis prennent contact avec moi et proposent de me loger. J'ai rapidement accepte et j'ai ainsi pu passe quelques nuits dans un superbe condo au 8e étage au bord du fleuve et des ponts autoroutiers. D'immenses baies vitrées remplacent les murs du salon/cuisine/salle a manger et offrent en permanence une vue magnifique, de jour comme de nuit. Etrangement ou signe des temps il est impossible d'ouvrir en grand une seule fenêtre d'ailleurs yen a pas ya uniquement des sortes de meurtrières vitrées qui s'entrouvrent - pour pas foutre la merde avec la clim qui marche 24h sur 24h, quelle horreur...
Portland ressemble a Seattle par sa population west coast comme je l'ai indique dans un autre billet. Ville jeune, universitaire, avec un metrorail gratuit sur une grande partie du centre-ville. J'ai débarque le 1er jeudi du mois, jour d'ouverture des galeries d'art en nocturne. La soirée était belle et les rues du centre pleines de gens plutôt jeunes et certaines rues piétonnes étaient pavées de vendeurs - fringues, colifichets, meubles et surtout œuvre d'art.
C'est le genre de soirée a se balader dans la ville et a te donner envie d'y habiter...
Paske sinon ya pas grand-chose. Même pas d'équipe de foot. Pas vraiment d'architecture notable, de musées cool ou de quartiers passionnants.
Le bus et le train - 2 mondes a part, radicalement différents. Physiquement, culturellement, économiquement. Dans le train c'est iphone, ipod, portable et compagnie. Dans les bus, nada - ou lecteur cd grand max.
A la gare routière, attendant le matin et les bus enfin au départ, affales sur les sièges, a demi-assoupis puis debout un peu raides ou faisant les 100 pas - un autre monde, une mosaïque.
Les sacs entasses en ligne, comme abandonnes, objets faisant la queue devant la porte d'embarquement. Mosaïque humaine a la gare de chicago. Un noir musulman en toge et chechia, et un vieil homme aux cheveux blancs, bras épaules et nuque nus avec son marcel. Ils discutent, assis sur un banc en béton, au cœur de la nuit. Un jeune noir passe devant eux arborant sur son t-shirt noir une pyramide prismatique - pink floyd. 1, 2, puis 3 couples d'amishs, elles en longue robe bleue et coiffe blanche, eux en chapeau de paille, barbe et coupe au bol - jeanne jeanne tu m'entends ? - pantalon et veston noir, chemise blanche. Un homme d'une quarantaine d'années les croise, maigre et couperosée, la mullet a tout-vent - remember la mullet cheveux longs derrière et courts sur le crane - tony vairelles power. Tous cohabitent pour quelques heures et peut-être plus, tout a l'heure dans le bus.
Se séparer, sans remords ni regrets.
Scènes étranges dans le bus aussi.
Un mec , air de Cobain - cheveux blonds mi-longs, chemise de bucheron, qui tire rapidement sur sa pipe a crack - je sors mon briquet, ma petite pipe en verre et hop on aspire un petit coup, juste un, avant le départ...
Un autre la trentaine une coiffure étrange, complètement dégarni mais le reste long en demi cercle horizontal d'une oreille l'autre - improbable, et qui ne peut s'empêcher de parler, de raconter sa vie, a ses voisins des qu'ils émergent lourds de sommeil, a chaque pause clope dans la nuit. Raconter sa vie, raconter des histoires, a plusieurs personnes, les anecdotes reviennent régulièrement.
Il a des pouvoirs psychiques qui le font gagner au casino et comprendre les langues étrangères...
Il va ouvrir sa propre banque paske tous ses fonds (1 million) sont bloques sur son compte...
On lui a vole toutes ses affaires récemment...
Il a eu beaucoup de succès dans les business des ice-creams...
Il est familier des drogues légales, des prescriptions et des hôpitaux ou il s'est parfois fait interner...
Il va monter sa propre station de radio...
Et ca peut continuer longtemps, j'ai vite décroché et capte que par intermittence - crachotis sur la bande sommeil.
Un couple d'ados s'endorment enlaces a l'arrière du bus, les premières déclarations - i've loved you long time...
Un mec a guitare, moitie routard moitie clochard, un perroquet dans son sac...
Kia aussi, ma voisine au départ de portland, une fille sympa qui part travailler dans une ferme. cultiver ou récolter quoi ? top secret she says...
J'ouvre un nouveau site. Pas tout seul mais en commun avec des potes rencontres sur rue89 ou on a pas mal blogue avant que ca nous gave presque tous. On s'est donc casse - 2 ou 3 trainards y sont restes, mais c'est mort maintenant - trop serieux...
Le site s'appelle Hors*Sujet, et tu trouveras facilement mon blog dans le tas - mais c'est loin d'être le plus intéressant. Le site en version alpha pour le moment donc en rodage, notamment esthétique. Bientôt la beta...
Seattle, colline sur colline, lac sur lac, mer et montagnes autour. La totale. Du bleu partout.
Ville pour une fois parcourue en voiture, Tim en haut d'une colline, Katie en haut d'une autre, si proche mais si loin - on est pas des oiseaux...
Tous deux, comme Dave, habitaient avec moi a holmead, Tim au sous-sol, large, sombre, murs en contreplaque dont s'échappaient ses chats buba et yoda qui venaient pioncer la journée dans ma chambre. Il travaille dans la restauration - manager de bar ou resto ; Katie au 1er étage - elle avait fini ses études depuis peu et était venue travailler a DC quelques mois.
Seattle est une ville jeune et dynamique assez représentative de la cote ouest (Portland, SF, LA, etc...), plus jeune et liberale, vélo-friendly, enthousiaste engagée et tatouée. Plus blanche aussi, et plus asiatique - c'est pas une ville industrielle comme cleveland ou detroit.
Katie bosse dans les farmer's markets (les marches bêtes et cons mais ici faut un nom spécial pour les différencier des supermarchés cons et bêtes), chaque jour un marche différent, un quartier différent, mais toujours dans les fruits. C'est un peu ridicule par rapport aux marches français, plus larges et plus fournis. J'en ai donc visite pas mal avec Tim - on passait recup Katie avant d'aller boire un coup, ou juste dire bonjour.
Pendant la semaine je suis parti me balader un peu au hasard sur les quais, très commerciaux, et j'ai pousse plus loin en m'éloignant de la mer - pour arriver au double musée, le Music Experience / Science-Fiction Museum. Ce dernier est très intéressant bien que très oriente ciné, ce qui n'est pas vraiment mon truc - sauf que j'avais oublie LE film, Blade Runner... et j'ai découvert, suspendu au dessus de ma tête, lumières clignotantes, la bagnole de flic (l'aerocaisse ?) du film... terrible !!!
Mais le musée de la SF de Lausanne m'avait laisse de meilleurs souvenirs - je me demande s'il existe encore...
J'ai termine la journée au Music Experience, a remixer dolly dagger - comme le keum de la vidéo en gros, mais en beaucoup mieux... j'ai monte les percus et la lead guitare et j'ai baisse les chœurs - j'aime pas les chœurs moi eske j'ai une gueule de beatles ?
Pour mon dernier jour a Seattle Tim te moi avons décidé de faire un barbecue au bord du lac Washington. Il y a un petit parc la, vide en milieu de semaine, avec tables et bancs en bois et petits barbacs. J'ai laisse Tim s'occuper de tout, il maitrise la cuisine et moi, sorti des pâtes et du thon en boite... On s'est fait un super hamburger avec poivrons et champignons grilles, c'était super bon. Bon on avait oublie de ramener des couverts et des assiettes mais on fait des miracles avec du saupalin, des bouts de cartons et un couteau suisse !
A quelques centaines de mètres, un mini square, quelques arbres et un banc sur lequel restent graves les noms de Kurt Cobain et Courtney Love - dissimulée derrière le rideau d'arbre, la maison ou il est mort...
nightrain
7h du mat - premières lueurs a l'horizon. La nuque raide je décolle de mon siege emmitoufle et encapuchonne because la putain de clim et je vais m'installer dans le lounge - ca fait classieux mais c'est juste un wagon con avec un peu plus de fenêtres.
Lorsque parut, matinale, l’Aurore aux doigts de rose heu non ca va pas c'est ridicule - reprenons. Un soleil écarlate émerge et étend sur les champs son linceul sanglant, et je... euh non c'est pourri aussi. Bon en gros ya une orange qui se ramène tout la-bas la-bas, orange hollande plutôt pétant et un peu péteux. Tres Choli. Moi photos. Ooooohhhh !
Bon voila en gros t'as compris le truc j'ai passe mon temps a regarder par la fenêtre, dormir et lire - qui a dit comme au lycée ??!!!??
Il faut dire que c'est classe tous ces différents paysages, surtout aux crépuscules - ya toute une superposition de nappes colorées, le bleu fonce du ciel endormi s'éclaircit, rencontre le jaune orange de l'aube qui se mélange au jaune sombre des champs de mais, et se reflète parfois miroir dans l'eau d'un étang sur lequel le vol des canards sauvages dessine d'étranges arabesques.
J'ai traverse le minnesota, le north dakota, l'idaho le montana - de grandes étendues herbeuses desséchées, des champs de mais déjà récolté, tout un ensemble de jaune vert et brun clair mélangés et peu contrastes. Peu d'arbres, mais une végétation survivante. On n'a croise pratiquement aucune route et la majorité des voitures que j'ai aperçues étaient des carcasses rouillées abandonnées au fond de la cour. Tres peu de villages, mais des fermes, de loin en loin.
Le paysage change quand on arrive dans l'état de washington - ou peut-être avant en idaho je sais pas j'ai pas une carte dans la tête moi. Montagnes et forets et cours d'eau - rude transition.
Et seattle.
wisconsin - suite
Le lendemain on est allé dans un verger cueillir des framboises et des myrtilles. A l'entrée se trouve un magasin qui vend des produits frais. La femme qui s'en occupe est une amie de trisha et elle m'a raconte une anecdote amusante.
Il y a une dizaine d'années elle est allée a paris avec son mari. Ça a été des vacances inoubliables et elle a été marquée par la gentillesse et la prévenance des français - non sans déc, je plaisante pas... A cette époque, ses 2 filles de 16 et 18 ans avaient des petits amis, 2 connards finis selon leurs parents qui trouvaient qu'ils ne s'occupaient pas bien d'elles. C'est pourquoi ils ont décidé de retourner en france accompagnes des 2 adolescentes - histoire de leur montrer ce qu'était la galanterie. Pour toutes 2 ce fut une expérience extraordinaire et, des leur retour aux usa, elles ont largue leurs 2 blaireaux...
La morale ? je te la laisse...
Trisha a 2 animaux de compagnies. 2 dindes qu'elle espérait bien mange pour thanksgiving. Avant son départ pour le nicaragua elle les avait laissées chez un ami fermier et on est donc allé les recup. Et putain, une dinde, c'est maousse. Enorme. Ça comme. Moi je voyais ca plutôt comme un gros poulet - ben c'est encore plus gros - et tout aussi con. Trisha elle les aime ses bestioles et plutôt que les ramener pour les planquer dans une cage au fond du jardin, elle a préféré les laisser a son pote et venir les voir de temps en temps. Chacun ses gouts. Moi je préfère les chats.
Enfin le temps du départ est venu - en prévision le train 40h a bord de l'empire builder. J'ai fait provision de pommes bananes et bagels, mais je me suis rendu compte que j'avais plus de bouquin - j'avais fini dhalgren de samuel delany la veille. Et bien sur impossible de trouver une librairie dans le coin. Je me suis donc rabattu sur un wal mart - a ma grande honte et désespoir. J'ai passe un quart d'heure a choisir le moins pire et je suis reparti avec stieg larson (sympa mais qui casse pas des briques - loin de la)...
wisconsin
J'ai connu trisha a washington - on habitait la même baraque. Elle est originaire du wisconsin et la seule chose que je connaissais de cet état c'était les green bay packers, que je détestais, et les cheesehead qu'arboraient fièrement les supporters. Regarde la photo, j'ai besoin d'en dire plus ?

Autant dire que j'avais jamais songe a y aller. Pourtant, quand trisha y est retournée après un an, je me suis dit que si j'avais l'occase, je passerais la voir.
Elle m'avait dit qu'elle habitait près de madison, la ville principale, j'avais donc pris le bus jusque la... Je n'avais pas eu de contacts avec elle les jours précédents parce qu'elle etait en mission agricole au nicaragua et qu'elle rentrait aux usa la veille de mon arrivee. J'ai donc débarqué de mon bus et lui ai téléphoné - et j'ai compris que pour les étasuniens, habiter près d'une ville, ca peut être a 2-3h en bagnole... je suis remonte direct dans le bus pour en descendre 2h plus tard a toma, ou elle est venue me chercher pour m'amener dans son village - 3000 habitants - black river falls. Sur le trajet (30mn) on s'est arrêté voir un de ses amis, john, un mécanicien de machines agricoles, qui était en train de retaper une magnifique corvette rouge de 1974, et on est allé (30mn) se bouffer des hamburgers et se boire des bieres dans un bar.
Le problème du wisconsin, comme des autres états ruraux, est que les distances sont tellement grandes et les activités tellement réduites qu'en général t'as pas le choix, tu vas dans un bar te saouler - et ensuite tu rentres bourre en bagnole (1h). Les habitudes changent petit a petit.
Le lendemain on avait rendez-vous a 9h au bord d'un lac. J'avais trouve ca très hasardeux de donner rencart a 9h du mat le weekend, et c'est pour ca qu'on s'est pointe vers 9h30. Soit 30mn avant l'autre.
C'est un beau lac entoure de forets, très profond, ou les plongeurs en profondeur viennent s'entrainer. Après avoir suivi un sentier dans les bois - interdit - on a débouché sur une petite falaise de 7-8m de haut d'où on a saute. Enfin, quand je dis on, c'est général hein, c'est pas moi. Moi je suis allé sur la mini-falaise de 3-4m. Et trisha a saute plus loin, d'un cailloux de 1m après moult tergiversations...
Le soir on s'est rendu a une fête dans un village voisin, un tractor pull. La compétition est très simple : le tracteur qui tire un énorme poids le plus loin possible a gagne. Yavait 2 catégories, avec un tracteur devant pour limiter la vitesse - ce qui implique un sacre contrôle de la machine (video 1) ou sans limiteur, et alors la ca rugit, ca crache des panaches de fumée noire, ca rue la roue avant dans les nuages, et parfois ca s'enflamme - ce qui n'était pas le cas ce soir la (video 2)
C'est vraiment intéressant même si après une demi-heure passées a regarder avancer des tracteurs, j'étais un poil gave.
La foule se presse a ce genre d'évènement qui peut facilement rassembler plusieurs milliers de personnes, ya aussi de la bière, de la musique, de la bière, et quelques stands style fête foraine. Moi je tranchais un peu dans le tas - j'avais pas 20kg en trop, je portais pas une casquette crade ni de tee-shirt en relation avec le wisconsin ou les tracteurs - et j'étais tout en noir...
from city
to city
thru states & states
the same
places
the same
faces
or maybe just
the same old me
last stop detroit - juste une journée à mater le foot us à la télé
next stop - chicago
Enfin une ville - ou plutôt une city comme ils disent ici, la 2e des USA, derrière NY d'où un certain complexe d'infériorité. C'est une ville avec un centre animé, tu croises des gens dans la rue, ya des magasins ouverts, des musées, des parcs, on y habite et c'est pas simplement déserté. Au coeur, une grande avenue, the magnificient mile - mag mile -, apparemment les champs élysés du pauvre, la fifth avenue des ploucs riches qui montent à la ville claquer leur thune - dixit my friend...
Chicago est construite au bord d'un immense lac dont les eaux bleu-vert font irrésistiblement penser à la mer, ourlée d'une plage artificielle plantée de palmiers (c'est la classe "ourlée" hein ?). La rive opposée est invisible et l'illusion maritime serait parfaite s'il ne manquait le parfum marin - iode algue et sel. Reste le vent les mouettes et même les vagues.
J'ai chope le bus pour aller faire un tour a pilsen, le quartier mexicain dans le sud-ouest de chicago, au musée d'art (mexicain bien sur...). L'ensemble est pas exceptionnel mais j'y ai appris 2-3 trucs.
Que cet abruti de napoléon 3 avait voulu faire du mexique une colonie - et qu'il s'était ramasse...
Que porfioro diaz, titre d'une chanson des at the drive-in
était en avance sur son temps : il avait sacrifie la liberté de son peuple - essentiellement celle des indiens - pour la sécurité et la prospérité économique de quelques uns. Je suis sur que les chicago boys y ont trouve source d'inspiration et l'ont considéré comme une réussite flagrante. Les autres, ceux avec un cerveau plus gros que leur larfeuille, y voient oppression et ségrégation - choisi ton camp camarade...
Que cesar chavez, dont le nom m'était familier sans pouvoir l'expliquer était dans les années 60 a la tête de la National Farm Workers Association et s'était allie au black panther party dans sa lutte pour les droits des pauvres, des immigrants, des fermiers des saisonniers des illégaux. Enfance pauvre, balade d'école en école - plus de 30, au gré des déplacements de ses parents ouvriers agricoles.
Pilsen est un quartier carre aux rues perpendiculaires qui compte de nombreuses peintures murales - j'insiste, des peintures murales, pas des simples graffiti, placées ca et la, sur des bâtiments abandonnes, des restaurants ou des voies ferrées.
Derniers jours et ca sent la fin, odeur sale d'attente, de pieds et de fringues pas lavees. Peu de choses vraiment intéressantes, un concert au buddy guy's legend club avec le maitre pour une unique chanson malheureusement, des balades ici et la ; a hyde park ou je suis tombe sur la baraque d'obama ; a chinatown ou j'ai bouffe un pork with brocolis plutôt dégueu - pour 5$ ; dans le quartier suédois qu'il faut le savoir qu'il est suédois - seul indice les magasins eriksson gunnasrson ou tartempionsson ; a wicker park, quartier jeune encore brut bientôt a la mode.
Comme d'hab j'ai pas mal marche, dans toutes les directions vu que je suis pas foutu de pas me paumer.
Next stop : wisconsin
cleveland
Je veux pas critiquer mais c'est quand même une ville bien pourrie - ya qu'à voir l'équipe de foot us, les browns (the only NFL city to have neither hosted nor sent a team to the Super Bowl)... déjà t'arrives à la gare routière et ya rien aucune info pas moyen d'avoir une carte de la ville ou des transports que dalle - heureusement qu'il ya pas mal de panneaux dans les rues. Downtown cleveland c'est un peu comme downtown buffalo, ya rien que des bureaux et c'est vide. Je suppose que dans ces villes les quartiers intéressants ne sont pas au centre, mais bon comment on les trouve, aucune idée. J'ai galéré à mort pour simplement trouve à bouffer et jme suis retrouvé midi et soir avec un sandwich de subway (sandwicherie fast food pour ceusses qui connaissent pas).
En fait le seul truc intéressant, voire même passionnant, c'est le rock n' roll hall of fame ! Sacré coup de bol jme suis pointé à 17h heure de la fermeture sauf ce jour où c'était nocturne juska 21h - heure à laquelle j'en suis sorti en n'ayant pas vu la moitié du musée... J'ai pris quelques photos d'objets d'anthologie : les guitares d'elmore james (1948 National), muddy waters (58 telecater), leadbelly (1937 Stella), joe strummer, hendrix (1971 monterrey festival), bo diddley (guitare rectangulaire), sans oublier l'horloge de flavor flav (fight the power !) et les undipped acid sheets de janis joplin. Terrible. Et plein de documents audio et vidéo.
Le soir je suis retourné pioncer à la gare routière - pas facile vu qu'ils ont de sales sièges métalliques avec accoudoirs, que la télé était allumée cnn avec le discours d'obama suivi de la nalyse des journalistes et des politiques, et que le casse-couille de garde m'a demandé 3 fois mon billet tellement il voulait me jeter.
columbus
Ohio toujours, direction la capitale, columbus, ville inconnue mais mon pote dave s'y trouve en ce moment - chez ses parents. Dave était un de mes colocataires à dc, petit, mince, pas tout à fait la trentaine mais déjà bien dégarni, et le rire facile. Il m'a fait visité la ville qui est à peu de choses près aussi pourrie que les autres ; un centre-ville essentiellement parcouru de larges avenues bordées de bureaux, de rares magasins et une pauvre promenade le long du fleuve décorée de quelques arbres épars.
Plutôt que de rester dans la ville on a préféré faire un tour à la campagne, dans les bois sur les collines. Les français alliés aux indiens se sont battus contre les américains dans cette région il y a plus de 300 ans. On s'est promené à travers les bois suivant le chemin qui mène a old man's cave et au chutes. Mais de chutes point, juste un nom sans guère de signification, minéral et végétal en force la chute réduite au fil des ans à quelques gouttes - pierre qui pleure. la rivière qui longe le sentier a subi le même sort - into oblivion...
On a pique-nique à l'écart du sentier au sommet des chutes, trankil.
boston
J'ai pas retenu grand-chose de boston et du trajet depuis ny ou j'ai roupillé tout du long. L'air frais peut-être. Je sais bien que la mer est là, pas loin mais rien dans l'air à part le frais n'indique sa présence - pas d'odeur d'iode ou d'algues, pas de mouettes. J'ai passé 2 jours à marcher à droite à gauche, à somnoler dans les parcs au soleil et dormir sur les bancs la nuit, c'était le week-end du labor day et tous les musées étaient fermés. Jolie ville, tranquille, mais qui casse pas des briques, d'après ce que j'en ai vu...
nightbus in syracuse
Le bus s'est arrêté pour 1h dans la gare d'une petite ville inconnue, réputée uniquement pour son équipe de foot américain universitaire. Gare remarquable par sa totale absence de signe distinctif - on peut même dire qu'elle rassemble tous les signes de l'anonymat le plus distingué : les mêmes fast-bouffe subway/dunkin donuts, les mêmes chiottes interchangeables, les mêmes chaises inconfortables, le même coin jeux vidéos, des vieux jeux déjà vieux au début du siècle et un flipper coincé contre le mur - l'arme ultime anti-tilt. On peut à la limite lui accorder un mini-comptoir touristique (qui disparait dans d'autres gares) bien que lui aussi soit totalement neutre ; il faut se coller tout contre pour distinguer les titres des brochures et dépliants - les photos et les couleurs n'apportant aucune indication - quoi de plus banal qu'un hard rock cafe ou un parc d'attraction ? Les employés aussi, physique neutre de gardien de prison de série télé, blanc, gras, cheveux ras et lunettes à grosses montures.
L'extérieur de la gare est plongé dans le noir des lumières au loin mais de quoi - on en saura rien.
buffalo
Difficile d'en parler. Un de mes étudiants à washington en est originaire et quand je lui ai demandé des infos il m'a répondu d'un lapidaire it sucks !
Et il a pas tort... La ville est construite sur les bords du lac Erie et on aurait pu raisonnablement espérer des trucs sympas, sans aller juska copacabana, non, juste une rive sympa, une petite plage, une petite jetée, un petit parc, je sais pas moi. Mais non, les bords c'est vide et mort, c'est les stades et ses parking les immeubles de bureaux les chantiers en construction l'autoroute et le musée militaire en plein-air, avec ses avions (take my breath awaaaayyy nanana nanana) son sous-marin et ses navires de guerre. Au bord du lac la poésie vous dit bonjour.
Pour y accéder il suffit de suivre la rue principale nommée - poésie toujours - main street et qui débouche sur la jetée bétonnée. C'est une longue rue piétonne parcourue par un tramway et bordée de magasins, la moitié fermés ou abandonnés et l'autre moitié vide, aussi vide que la rue ou les piétons sont les pigeons.
Le soir on m'a indiqué le quartier branché ses bars ses restos et effectivement ya des bars et des restos mais pas plus d'un par pâté de maison et les rues y sont tout aussi vides.
Buffalo un jour une nuit ca suffit pour la vie.
Madison Square Garden
Il est plus d'une heure du mat - 1h08 très exactement indique agressivement l'immense horloge digitale chiffres clignotant comme un flipper qui tilte (le premier qui me dit que jsuis comme une boule de flipper jle bannis de ce site...). Je me sirote un double espresso - donc environ 4 petites gorgées - clope au bec les pieds étendus sur une chaise métal vert poubelle & le cul vissé sur une vert pomme. La grande terrasse triangulaire qui empiète allègrement le croisement de la 6e avenue - Avenue of Americas - & broadway est jonchée de détritus. Les poubelles débordent & les sacs plastiques, gobelets serviettes en papier alternent les salsas endiablées et les tangos langoureux au gré du vent. C'est plutôt moche. Anyway vu la gueule des tables et des chaises vert pomme et poubelle (jcrois que bouteille est le terme exact ça me revient maintenant pardonne l'allitération - licence poétique) dispersées au hasard sur un sol virant du beige sale à chemise brune - des gravillons collés les uns aux autres.
J'ai précisé que j'avais raté mon bus ? non ? bon ben voilà c'est fait. A cause du putain de tromé qui s'est arrêté près de 15mn dans une station quelconque - le prochain bus c'est demain matin.
NY, wall street, l'empire state building, times square - et le madison square garden. Impression tenace d'être au centre du Spectacle et de fait tout est fake autour de moi. Un quartier inhabité qui compense sa vacuité par un martellement de néons et de circulation. Personne ne vit ici, personne ne vit dans le Spectacle, on y passe on y travaille on s'y englue et on y attend l'autre en applaudissant des 2 mains.
La majorité des bagnoles - des taxis. A cette heure ils déposent personne, tout le monde se casse... une immense limo passe en klaxonnant mon beau sapin - et on s'étonne que debord se soit tiré une balle ?
Ca fait déjà 2h que j'ai raté mon bus - et c'est cool. Je vais passer la nuit dehors - trankil. Grappiller 2 ou 3h de sommeil léger - ok. La fatigue ne m'a pas encore écrasé de sa masse molle, il pleut pas, fait pas froid, l'avenir est devant moi - je vais où je veux, comme je veux.
Quand il n'y rien on a toujours un stylo dans la main
ny - fin